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30 mai 2012

30 seconds to Mars : mais qu’est-ce que leurs clips racontent ?

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30 seconds to Mars est depuis une bonne dizaine d’années maintenant, l’un des groupes de rock phares de la scène internationale. Emmené par le charismatique Jared Leto qui possède le don d’etre aussi au bon au chant qu’au cinéma, le groupe a déjà vendu plus de 10 millions d’exemplaires, a été nommé 138 fois et a gagné 75 récompenses. Si on ajoute à cela le fait que recemment, notre gentil trio (un quatuor, avant le départ du bassiste Matthew Wachter) est entré dans le Guinness des Records pour avoir fait le plus grand nombre de concerts en une seule tournée, (300 !) vous comprenez bien qu’on parle là d’un véritable phénomène.
Si les musiques,en grande partie composées par Shannon Leto (le frère de Jared) et Tomo Milicevic sont originales et très énergiques, la plus grande réussite de 30 seconds to Mars réside dans la profondeur de ses clips. Pour cela, Jared Leto a l‘habitude de passer derrière la caméra (sous le pseudonyme de Bartholomew Cubbins) pour nous délivrer des clips esthétiquement et scénaristiquement prodigieux, qui flirtent dangereusement avec le court-métrage. Les clips de 30 seconds to Mars peuvent être interprétés de manières différentes par chacune des personnes qui le voient et écoutent leurs textes. Chacun a donc sa propre vérité, y compris moi. L’analyse que je vais faire est par conséquent personnelle mais elle vous montrera toute la complexité et tout le savoir faire de Jared et de ses acolytes. Restez bien accrochés, ça risque de secouer.

 

Les clips

The Kill : The Kill est l’un des premiers clips ayant révélé le talent de metteur en scène de Jared. C’est aussi l’un des plus grands singles du groupe qui leur auront permis d’atteindre la notoriété. D’une durée de 4 minutes, le clip est un trésor pour les cinéphiles du genre puisqu’il s’inspire très clairement du long-métrage de Stanley Kubrick, Shining. Aux travers des paroles très sombres de sa chanson, ( « Come break me down/ Bury me, bury me/ I am finished with you » (…) “I tried to be someone else/ But nothing seemed to change/ I know now, this is who I really am inside”) Jared instaure les themes et les intrigues principales du film pour illustrer le tout. Sur ce point, tout y passe : les membres du groupe arrivant dans un hotel étrange, il est interdit pour eux d’approcher une certaine chambre, (ici, c’est la 6277) chacun d’eux se retrouve devant des apparitions pour le moins étranges, des visions sanglantes apparaissent furtivement durant tout le clip etc…D’autres références cultes apparaissent comme la fameuse machine à écrire, la vision fugitive de jumeaux, le bar où dans le film, Jack Nicholson boit un verre, la femme nue qui sort de la douche et embrasse le personnage principal, ou bien encore la salle de bal dans laquelle le groupe se retrouve face à de nombreux invités en tenue des années 20.

En faisant référence au film de Kubrick, Jared veut mettre en avant les paroles de sa chanson, illustrant bien un homme dépressif possédant une double personnalité et qui demande à une autre personne (peut-être sa petite amie) de le voir réellement tel qu’il est. Le choix de la référence est donc très judicieux puisque dans le film, le personnage interprété par Jack Nicholson va lui-même développer une personnalité double, tout cela sous les yeux de sa femme. Cette notion de double est d’ailleurs plus que présente dans le clip, les 4 membres faisant face tour à tour à eux-mêmes. Une anecdote non négligeable aussi fait état de l’appel lancé au groupe afin que les fans désirant participer au clip puissent le faire avec la particularité exigée qu’ils aient un jumeau ou une jumelle (on le voit à la fin du clip avec les invités de la salle qui ont tous des jumeaux).
La mission est donc accomplie pour Jared, dont la chanson fait clairement partie du concept de son album au titre très révélateur : A Beautiful Lie

 

From Yesterday : Pour commencer, je ne vous cache pas que c’est mon clip et ma chanson préférée du groupe. D’une part, parce que le clip se déroule dans une ambiance « asiatique », univers qui m’a toujours fasciné. D’autre part, parce qu’il possède une réflexion profonde qui me plait.
Le clip se déroule en grande partie dans la Cité Interdite, en Chine. (30 seconds to Mars est d’ailleurs le premier groupe autorisé à tourner dans cet endroit) Filmé en seulement trois jours, de jour comme de nuit, (car le palais ne pouvait être éternellement fermé aux touristes) le clip est aussi l’un des plus chers jamais réalisé avec un budget de $ 13,000,000…Il commence par une vision d’un empereur chinois, peut-être le dernier empereur de Chine Pu Yi, à la Cité interdite. (on voit d’ailleurs ici une nouvelle référence cinématographique de la part de Jared au Dernier Empereur, du réalisateur Bernardo Bertolucci) Ses serviteurs lui demandent ce qu’il veut pour son anniversaire. Ce dernier répond alors : « Le son de demain ».

Pendant ce temps, en Amerique du Nord, le groupe est dans sa loge et se prépare pour un concert. C’est alors qu’une jeune femme asiatique entre et leur dit qu’il est temps d’aller jouer. Sur ces paroles, Jared commence à ressentir des visions étranges (on verra que ces visions prendront réalité dans la suite du clip). Dans le couloir menant à la salle de concert, des phénomènes étranges commencent à se produire : la porte derrière les musiciens se ferme comme par magie, les lampes commencent à clignoter, et lorsque Jared tente d’ouvrir la porte, celle-ci ne s’ouvre pas. Ils se retrouvent donc bloqués dans le couloir, tandis que les lampes s’éteignent définitivement…Quelques secondes plus tard, les portes de la Cité Interdite s’ouvrent sur le groupe pour les laisser entrer. Devant eux s’étendent deux rangées de soldats, qui forment un couloir pour les laisser passer. Les musiciens sont conduits devant l’empereur et on leur donne des parchemins, présentés comme de précieuses offrandes. Durant ce passage, chacun des membres du groupe (excepté Tomo) aperçoit un visage qu’ils retrouveront plus tard dans le clip, dans diverses situations. Jared, interloqué se tourne vers son frère Shannon et se demande en quoi ce qui est inscrit dans le parchemin peut bien être un cadeau.
On suit par la suite chacun des musiciens dans une partie différente de la cité : chacun est habillé dans des tenues de combat traditionnelles et porte un masque. Ils se retrouvent ensuite et se battent jusqu’à la mort, ne sachant pas qui ils combattent à cause des masques. Entretemps, chacun des membres s’est retrouvé confronté face aux personnages qu’ils ont entraperçus auparavant : Jared voit trois jeunes femmes au visage blanchatre sacrifiées par un groupe de jeunes hommes, Shannon voit un homme chinois avec sa femme comme s’il lui suçait le sein, Matt voit un vieil homme se fouetter le dos et Tomo introduit une bille noire dans la bouche d’une femme morte (c’est une tradition chinoise ancienne), certainement proche de l’empereur. A la fin du clip, les 4 membres, toujours en mode fight, enlèvent leurs masques et se sourient, soulagés.

Je ne vous cache pas qu’à la première vision du clip, j’ai été très vite largué. Il m’a fallu le revoir à plusieurs reprises, tant les métaphores introduites sont nombreuses. A la fin, j’ai pu me faire une petite idée de ce que Jared voulait signifier au travers de cette vidéo. Je ne pense pas que mon interprétation sera la même chez toutes, tellement le clip peut donner lieu à de multiples points de vue. Mais en tout cas, c’est la mienne et je souhaite la partager.
Pour comprendre le clip, il faut d’abord s’attarder sur les paroles de la chanson : http://www.paroles-musique.com/traduction-30_Seconds_To_Mars-From_Yesterday-lyrics,t9532
Elles paraissent à première vue incompréhensibles, je sais. Mais elle sont très révélatrices. Jared Leto décrit dans cette chanson un homme disposant d’une faculté incroyable ( « On his face is a map of the world ») mais empreint de nombreuses contradictions, comme si cet homme se mentait à lui-même de ce qu’il fait ou de ce qu’il est (« From yesterday, it calls him/ But he doesn’t want to read the message here »). Les paroles profondes et poétiques de cette chanson participent parfaitement à l’album A Beautiful Lie . Jared Leto expliquait dans une interview qu’il fallait prendre toutes les chansons présentes dans cet album (tel que The Kill que j’ai analysé auparavant) comme un concept. Un concept que « le monde entier ment. Je pense que le mensonge a pris un certain charme, les gens aiment à penser que tout n’est pas tout blanc ou tout noir, et si on évolue normalement, alors le mensonge parait être un bon compromis. On s’est inspiré de cela pour l’album, on va retrouver quelques idées comme : la contradiction, les croyances, l’honnêteté, et le changement… »

Cette idée du mensonge et du faux-semblant, Jared Leto les met parfaitement en évidence dans ce clip. Les 3 personnages que 3 des 4 membres du groupe aperçoivent durant la cérémonie sont ce qu’ils ne sont pas dans une certaine réalité. Le vieil homme qui sourit à Matt de façon paternelle cache en réalité un être malsain qui prend plaisir à se faire souffrir. L’homme asiatique que Shannon aperçoit plus tard en compagnie de sa femme est beaucoup moins digne que celui qui l’était durant la cérémonie. Le cas de Jared est particulier puisqu’au cours du clip, on va dire qu’il échange un regard avec 3 filles : celle qui le prévient qu’ils doivent jouer le concert, une femme au visage blanchatre et aux yeux bordés de sang, assez inquiétante, qu’il est pourtant le seul à remarquer, et une jeune femme qui semble faire partie de la cour de l’Empereur. Il est donc normal, à mon sens que les filles qu’il voit être sacrifiées plus tard soient au nombre de 3. Chacune d’elles possède un mensonge bien particulier : la première n’était donc pas une simple fille qui avait prévenu les membres qu’ils devaient jouer, la deuxième que Jared semble être le seul à voir est en réalité bien morte et la 3ème donne l’apparence d’etre une figure importante au sein de la cour alors qu’on la retrouve plus tard sacrifiée.
En ce qui concerne le combat entre les 4 musiciens, ce n’est pas anodin non plus. Les membres se voient dispersés mais se retrouvent ensuite pour se combattre sans savoir qu’ils se battent entre eux. Je pense que l’idée que veut faire passer Jared au travers de ce passage est celle qu’on a tous un masque en chacun de nous qui empèche les autres de savoir qui nous sommes, même nos plus proches amis. Cela peut nous rendre frustrés et en rage contre nous-mêmes et contre les autres (d’où la notion du combat dans le clip). Mais la solution dans une vraie amitié, c’est que chacun enlève son masque et montre son vrai visage, ses vraies faiblesses et ses vrais échecs. L’image des 4 membres enlevant leurs masques à la fin du clip et se souriant est donc révélatrice.

 

Hurricane : C’est probablement le clip le plus complexe et le plus controversé du groupe. D’une durée de 13 mn, (le plus long clip réalisé jusque là par le groupe qui est désormais un trio après le départ de Matt) le clip connait de nombreux passages censurés par de nombreuses chaines pour son contenu à caractère violent et quasi-pornographique. Ici, on a véritablement affaire à un long-métrage puisqu’après une intro dans laquelle on entend une voix-off féminine nous dire en français : « Ce n’est pas la réalité. C’est un rêve », Jared Leto nous présente une histoire en 3 chapitres durant lesquels les membres du groupe se confrontent à des hommes-animaux dans une ville apocalyptique. Ainsi, Jared est confronté à des hallucinations et est chassé pendant toute la vidéo par un homme qui tente de le tuer, Shannon pourchasse une sorte de sirène maléfique malgré tous les dangers qui se présentent devant lui, et Tomo arpente la ville et fait des rencontres toutes plus étranges les unes que les autres.

Lorsque j’ai vu pour la 1ère fois le clip, j’ai constaté là encore que les références cinématographiques étaient nombreuses : on retrouve une ville sombre avec des personnages étranges tels qu’on le voit dans le Dark City d’Alex Proyas, les scènes de combat et l’idée du rêve qui se mélangent avec la réalité rappellent la trilogie Matrix des Frères Wachowski, l’intro particulière qui fait penser à Enter the Void de Gaspar Noé…Les 3 personnages semblent en effet se retrouver dans un univers parallèle, une sorte de rêve éveillé dans lequel ils évoluent dans une ville de New York à moitié vide et dans lequel ils semblent y découvrir leurs propres peurs, leurs fétichismes (on le voit surtout au travers de Jared qui durant toute l’intégralité du clip utilise des pratiques sado-masochistes sur une femme). L’idée première que voulait réaliser Jared dans ce clip était de mélanger à la fois une exploration profonde du rêve et une exploration profonde de la sexualité. Cette idée est reprise au travers de 2 citations retranscrites en voix-off  :

- « Abandonnez tous vos sens au plaisir, qu’il soit le seul dieu de votre existence et c’est à lui seul qu’une jeune fille doit tout sacrifier, et rien a ses yeux ne doit être aussi sacré que le plaisir »

- Deep into that darkness peering, long I stood there… Wondering, fearing, doubting, dreaming dreams no mortal ever dared to dream before… »

Comme pour From Yesterday, le single se laisse aller à plusieurs interprétations selon les points de vue de chacun. Cela fait que c’est une chanson qui dans son écriture et dans sa vidéo, reste très difficile à analyser de manière globale. Ce que je pense profondément, c’est que dans ses paroles, la chanson a pour thème la religion et qu’elle décrit un être humain comme vous et moi qui se pose des questions vis-à-vis d’elle : http://www.paroles-musique.com/traduction-30_Seconds_To_Mars-Hurricane-lyrics,t52356

30 seconds to Mars n’est pas réputé pour être un groupe optimiste, délivrant des chansons joyeuses. Il n’est donc pas étonnant que cette chanson aborde la religion d’une manière très sombre, qui peut choquer les puritains. Les membres du groupe, en particulier Jared, ne se sont jamais montrés très explicites lorsqu’on leur a demandé s’ils étaient religieux. Je pense pour ma part qu’ils sont athées et qu’en dépit d’une grande spiritualité, ils n’apprécient pas vraiment la religion. On le retrouve particulièrement dans ce clip avec le passage où Tomo aperçoit 3 hommes de 3 religions différentes (chrétien, juif, musulman) jettent leurs livres saints dans le feu…En tant que croyant, j’ai trouvé cette image très choquante. Mais en même temps, elle participe à leur idée que la religion n’est pas forcément une bonne chose dans la vie des gens et qu’elles les empèche d’aller aux bout de leur découverte d’eux-mêmes. Auparavant, j’avais dit que l’idée première dans l’esprit de Jared était cette exploration du rêve et de la sexualité. Je pense que tout cela est lié dans le sens où d’une part, le rêve fait partie de l’inconscient humain et peut lui permettre de découvrir totalement qui il est vraiment. D’autre part, l’exploration de la sexualité peut permettre de découvrir encore mieux son corps, ses fantasmes mais également qui l’on est vraiment. Mais cette découverte de soi, d’après Jared est limitée par les nombreux interdits que pronent la religion et ses livres saints ; la sexualité totale mis en avant dans ce clip est aussi là pour provoquer cette religion. Chacun des personnages reçoit une clé suite à un interdit religieux qu’ils ont transgressé : la tentation de luxure pour Tomo et Shannon, la paresse pour Jared. Mais en même temps, cette clé leur permettra de se sortir de situations particulières : grace à cette clé, Jared parviendra à sortir du cercueil  dont son traqueur l’a envoyé, Shannon parviendra à se libérer de ses menottes avant que ses agresseurs ne s’en prennent à lui et Tomo parviendra à trouver les réponses à ce qu’il cherche en ouvrant une boite mystérieuse grace à cette clé. Le message est donc particulièrement ambigu parce qu’il participe aussi à une certaine spiritualité : que fuient les personnages ? Leurs peurs. Vers quoi courent-ils ? L’espoir. Et en chemin que rencontrent-ils ? Batailles, combats, personnages étranges.

This is War : « If we don’t end war, war will end us ». C’est sur ces paroles bien sombres que débute cette chanson issue de l’album du même nom. Que les gens ne s’y trompent pas, les paroles glorifiantes sur la guerre (« To the right, to the left/ We will fight to the death/ To the edge of the earth/ It’s a brave new world, it’s a brave new world (…) « I do believe in the light/ Raise your hands into the sky/ The fight is done, the war is won/ Lift your hands toward the sun) sont très ironiques. On a clairement une dénonciation de la guerre de la part des rockeurs.

Pour ce clip, Jared a voulu montrer une autre facette de la guerre en montrant des soldats en conflits…face aux propres armes qu’ils utilisent. Ainsi, dans le clip, Leto et compagnie ont revêtu les treillis militaires U.S, des gilets pare-balle, ils ont choisis des fusils M4 et se sont empilés dans un Humvee blindé. Travaillant avec le réalisateur Edouard Salier, ils ont crée un court-métrage qui vise le conflit à travers les yeux des hommes et des femmes qui le vivent tous les jours. Et, comme à peu près tout ce qui implique 30 Seconds to Mars, ils y sont allés à fond.

Avec de nombreux effets visuels (pour nous mettre au coeur de l’action) agrémentés de nombreuses images d’archives, le clip est un véritable message de paix, à l’heure où le monde s’empêtre dans des conflits armés souvent stériles, avec des enjeux très individualistes. Les grands hommes politiques du XXème siècle et certains dictateurs sont pointés du doigt, tandis que plusieurs hommes ayant promu la paix durant leur vie sont mis en avant. Jared veut montrer qu’entre la guerre et la paix, il existe le même fossé qu’entre la vie et la mort. Il ne se gêne d’ailleurs pas pour accoler le mot menteur à une image de George W. Bush, l’ancien président américain à qui l’on reproche d’avoir menti pour envahir l’Irak.

La manière dont le groupe veut faire passer son message au travers d’un clip est donc une nouvelle fois très marquante. Ce spectacle peu commun où des hélicoptères, des tanks et autres engins de guerre volent au-dessus de leurs têtes vers une direction inconnue et se rejoignent pour former finalement une pyramide, (signe choisi par le groupe pour cet album) frappe les esprits pour montrer que 30 seconds to Mars est un véritable ovni de la scène rock actuelle.

 

 

 

 


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Louis Charles
Louis Charles
Chroniqueur ayant écrit pour divers sites, Louis Charles possède une excellente culture musicale et compte vous la faire partager.




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3 Comments


  1. Leïla

    Ce n’est pas Bartholomew Collins mais Cubbins.



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