Les londoniens de Citizens! nous ont fait courir partout avant que l’on puisse en coincer un. On n’est donc pas peu fiers d’avoir réussi à obtenir cette interview avec le guitariste, qui nous présente ce groupe à la pop efficace et les contraintes qu’ils se sont imposées sur leur album « Here We Are ».
SC : Question classique, tu pourrais nous présenter le groupe, nous dire d’où vous venez ?
C : Nous sommes Citizens! de Londres et on s’inspire de tout ce qu’on écoute, des vies qu’on mène. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour ne pas sonner comme quelque chose qui existe déjà. On dit souvent que si on mettait le feu à un wagonnet de montagne russe avec du déodorant premier prix, qu’on le poussait du haut d’une colline et qu’il allait s’écraser dans la tête de Mugabe, ce serait pas très loin de notre musique.
SC : D’où vient le nom Citizens ?
C : A vrai dire, on a pas eu de nom pendant très longtemps. On a signé chez Kitsuné avant même d’avoir un nom, et l’année dernière quand on a fait notre album, il y a eu le printemps arabe, il y a eu les émeutes de Londres, et ça nous a paru évident, « Citizens! »: ça nous a semblé être un bon cri de ralliement.
SC : Comment est ce que vous en êtes arrivés à signer chez Kitsuné ?
C: On a jeté une pièce en l’air, on a fait un vœu, on a prié pour que ça arrive, et voilà. Plus sérieusement, Alex (Kapranos, qui a produit le cd. ndlr) qu’on connaissait d’avant, aimait déjà notre musique avant même qu’on ait un contrat et savait ce qu’on essayait de faire. On a passé beaucoup de temps avec des boîtes qui nous proposaient plein de trucs qu’on ne voulait pas trop faire et finalement, quand on a voulu faire notre disque, on est allés le voir et on lui a dit que c’était lui qui nous comprenait le mieux.
SC : Est ce que c’était difficile de créer un groupe de pop rock anglais alors qu’il y en existe déjà des tas ?
C: Je pense que le problème de la pop en Angleterre est que tout le monde essaye de sonner comme venant d’une époque en particulier. Ça ne nous intéressait pas, on voulait être pop, mais aussi progressif, on s’est posé des règles : pour une chanson, si la batterie sonne années 60, les guitares doivent sonner années 90, la rythmique doit être dance et cetera. Rien ne doit sonner comme quelque chose de déjà existant.
SC : A propos des clips, on a regardé celui de la chanson « True Romance », qui a eu cette idée là ?
C: On a trouvé ce vieux film (ndlr: des séquences Bollywood sautillantes), on voulait le modifier, mais finalement on s’est dit que c’était encore mieux si on le laissait comme ça. Pour moi ça va avec l’univers de la chanson.
SC : A quand la chorégraphie sur scène ?
C : (riant) Oh, on y travaille, on va s’entraîner très dur tous les jours.
SC : Parce ce qu’on vous a déjà vu faire une chorégraphie sur le clip de « Caroline ».
C : Pour « Caroline », on a fait plein de vidéos de notre coté, on les a envoyées à un ami qui est réalisateur, il nous a pondu un truc et on s’est dit que ça rendait bien.
SC : Et qui est Caroline ?
C : Caroline est la prochaine référence dans la longue histoire des chansons pop sur les femmes. On ne peut pas dire qui elle est. Mais ça fait « Angie » des Rolling Stones, « Carolina » des Beach Boys, « Hey Jude » des Beatles et «Caroline ».
SC: C’est quoi ta chanson favorite sur l’album ?
C : A mon avis la plus marquante est « Know yourself ». C’est l’une des premières chansons qu’on a écrites. A l’époque, elle ne fonctionnait pas, la rythmique était beaucoup plus rapide. On l’avait complètement oubliée. Quand on a terminé l’album, on avait dix chansons, on en était contents, et la dernière nuit, alors qu’on faisait un peu la fête avec les autres, on a commencé à la rejouer par hasard, un peu soûls, le ventre plein, une cigarette à la bouche… On est retourné en studio et ça a pris corps. J’ai littéralement terminé la partie pour la guitare dans le train qui nous y amenait. Elle est la conséquence d’un moment particulier pour nous.
SC : Elle nous a paru différente, moins rock que le reste de l’album.
C : Je pense que c’est dû au fait qu’on est partis sans idée préconçue, on savait ce qu’on voulait et comment on voulait que ça sonne, et on a fait ça à un moment ou on pouvait se relâcher, se laisser emporter.
SC : Et est-ce que tu penses qu’il y a une chanson qui vous caractérise ?
C : J’ai pas envie de penser à ça, c’est aux gens de décider d’eux-mêmes la chanson qu’ils veulent associer à notre groupe.
SC : Qu’est ce que vous avez de prévu maintenant ?
C: On va tourner jusqu’à… Disons 2027… J’ai annulé mon enterrement, parce qu’on aura besoin de moi sur scène. On veut inspirer des gens, continuer à jouer. Et faire le Superbowl. Ça c’est dans nos plans.
SC: Et la question qu’on a posée à tous les groupes qu’on a interviewé: si on te proposait de faire la BO d’un film, ce serait lequel?
C: Tous les membres du groupes sont des fans de Lynch, alors s’il voulait faire un nouveau film, on serait les premiers à faire la queue.






