Hier, on vous a laissé avec nos premiers albums de la sélection de la rédaction. Il est temps de finir en beauté cette sélection aujourd’hui. Lisez et surtout prenez le coup d’écouter avec attention ces albums.
Oxmo Puccino – Roi sans carrosse : 2 ans après son triomphal opus l’Arme de Paix (récompensé notamment par une victoire de la musique), « Black Brel » nous fait un joli come-back cette année avec un album à l’image de notre brillant webzine : très éclectique. Avec cet album, Oxmo continue ce qu’il avait commencé à mettre en fondation dans son précédent album, à savoir repousser sans cesse les limites du genre hip-hop. L’album d’à peine 11 titres et une trentaine de minutes s’écoute d’une traite. Et au premier abord, il semble tout à fait homogène, aucune chanson ne se distinguant véritablement de l’autre. Mais Oxmo soulève pourtant un débat au travers de cet album : qu’est-ce que la vraie musique hip-hop ? Certains se perdent dans l’égo-trip, d’autres préfèrent un rap conscient pouvant se rapprocher de la vie des auditeurs qui l’écoutent, d’autres préfèrent jouer avec les mots et s’attarder au slam… Oxmo n’en a cure et le titre de son album n’en est que plus évocateur. Sa carrière à succès de presque 15 ans en a fait l’un des pionniers du rap français. Il n’a donc plus rien à prouver mais surtout, cela lui donne la légitimité et la liberté de faire ce qu’il veut. Dans cet album donc, le rappeur touche donc à tous les genres et à tous les instruments possibles : composés essentiellement à la guitare pour de nombreux titres, des notes de jazz savoureuses, des connotations rock, des cuivres, par-ci, des cordes par-là, du rap d’un côté, de la chanson française de l’autre…Voilà ce qu’est en gros la musicalité de l’album, un melting-pot, une fusion intelligente, organisée et cohérente d’un rappeur qui se fait pleinement plaisir en voulant aller au-delà du hip-hop. Coté contenu, les titres et les textes montrent un homme de la quarantaine qui a une vue d’ensemble sage et posée sur le monde qui l’entoure. Avec son art de manier la langue française qu’on ne présente plus, il nous livre des thèmes tous plus différents les uns que les autres mais avec la sincérité qu’on lui connait : conscience des choix qu’on fait et de la liberté que l’on dispose ( Parfois, Le mal que je n’ai pas fait), histoires simples de couple (La danse couchée, Pas ce soir), hommage métaphorique à la plus belle ville du monde (Pam-Pa-Nam), supporter le deuil, supporter le passé et aller de l’avant (les gens de 72, le vide en soi) en passant par un peu d’ego-trip pour montrer que le rappeur n’est pas encore mort (Le sucre pimenté)…
Avec Roi sans Carosse, Oxmo frappe encore là où on ne l’attend pas. Et dans cette époque où l’on dit que le rap, c’était mieux avant, Oxmo fait clairement mentir l’adage. Louis-Charles
Professor – Throw Down Your Arms : Le leader emblématique du groupe américain Groundation nous présente son nouveau projet solo. Il s’agit du live (CD + DVD) de sa prestation solo au Reggae Sun Ska 2011. Un album empreint du reggae Jazzy qu’on lui connaît à travers son groupe, mais avec des textes plein de sagesse. Une belle leçon de sagesse qui n’en a pas l’air, et qui confirme le statut de Reggae Professor de Harrison Stafford. Cisou
Raggasonic – Raggasonic 3 : Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Big Red et Daddy Mory sont un peu les Kool Shen et JoeyStarr du ragga français. Quinze ans après le dernier volet, nos deux compères bouclent enfin leur trilogie. Séparés en 1998, il faut attendre 2010, pour que la reformation devienne officielle, avec une série de concerts annoncés. Mais, il faut attendre cette année pour qu’un titre voit le jour, l’excellent Ca va clasher. Rythmé, textes intéressants, musique entraînante : ce premier extrait préfigure bien l’album. Malgré l’âge, nos deux artistes n’ont pas pris une ride. Un album qui en fera danser certains et réfléchir d’autres, car n’oublions pas que Raggasonic, c’est aussi un groupe engagé. L’Impertinent
Shaolin Temple Defenders – From the inside : Un album qui sort de leurs tripes et qu’ils interprètent avec beaucoup de coeur. Beaucoup plus funky, rétro, l’esprit de James Brown flotte autour de la sono qui distille cet opus. N’hésitez pas à aller les voir en live, une belle énergie, une proximité avec le public extraordinaire, un show simplement efficace. Cisou
Taïpan – Court-Circuit : Après Dans le Circuit, Taïpan nous propose sa seconde livraison d l’année. Double album, composé de 12 inédits et de Dans le Circuit, ce second opus est plein de fraicheur. Textuellement, on n’a pas de surprise, c’est du Taïpan, même si la force du rappeur est de nous surprendre à chaque phase, c’est musicalement qu’on est le plus étonné. Seule featuring du disque (ou du moins des inédits), la chanteuse Deborah Lehnen sur deux titres : un choix surprenant, mais un pari réussit. Bref, on n’a pas le temps de s’ennuyer sur cet album… Mais, s’est-on déjà ennuyé avec Taïpan ? L’Impertinent
U-Cee – International Call : Perle de Prague, une voix soul qui nous livre un album reggae dancehall surprenant ! Il maîtrise son sujet, il nous fait danser, voyager. Beaucoup de fraicheur dans cet opus qui s’écoute et se réécoute avec beaucoup de plaisir. Pas de doute, l’hiver tchèque s’annonce chaud avec cet artiste à suivre de très près ! Cisou
U roy – Pray fi di people : Le Daddy du reggae revient sur le devant de la scène avec ce nouvel album, très spirituel, une véritable invitation à l’amour et à la tolérance. Comme il dit, « Je ne suis pas là pour faire une leçon de morale aux gens, je donne simplement mon avis sur ce que je constate » [interview bientôt en ligne]. Il s’est entouré d’amis comme Sista Marcia Griffiths ou encore Professor, mais également de perles de la jeune scène reggae-dancehall comme Tarrus Riley, Chezidek ou Sophia Squire. Un vent de douceur pour un hiver qui s’annonce rude. Cisou
On se retrouve le 30 Novembre prochain pour une prochaine sélection !






