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19 juin 2012

Marshmallow : « la pop française, c’est nous ! »

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Une bande de potes qui sirotent des bières à la terrasse d’un café, à quelques heures du lancement de leur premier album au Nouveau Casino.  Je vous présente les Marshmallow. Pas prétentieux pour un sou, mais avec des idées, et un style à défendre. Je les rejoins un instant, avant d’assister à leur concert.

SC : que représente le concert de ce soir pour vous ?

Julien : c’est une date très importante car c’est la date de sortie de notre premier album, et de son lancement.

SC : vous avez enchaîné pas mal de concerts par le passé, quel est le plus insolite dont vous vous souveniez ?

Fred : C’est un peu notre spécificité les concerts insolites, on en a fait beaucoup…

Julien : Il y a les concerts avortés qui sont pas mal ! Une fois on est arrivés à l’île de Ré pour jouer sur une terrasse, et c’était en plein soleil pendant la canicule… du coup on n’a pas pu jouer.  Sinon, il y a la fois où on était à Madrid, et où un milliardaire nous a vus jouer dans un bar ; on a joué pour lui et ses potes pour son anniversaire, deux soirs de suite. Il nous a limite proposé de venir en jet !

Fred : on a été menacés de mort par des gitans quand on proposait à Fabien de jouer les  Gipsy Kings !

Fabien : c’est vrai que ce soir-là ça a été difficile…

Julien : on a aussi été faire quinze concerts de suite en Corse… c’était spécial. Ils sont très sympa avec les touristes, mais quand on est employés par des patrons de bars Corses, faut se tenir à carreau !

SC : vous avez été influencés par le rock anglais des années 60, les Beatles, les Kinks… Est-ce que vous avez l’impression que le rock n’a pas su évoluer, et que la nouvelle génération ne parvient pas à inspirer les artistes ?

Fabien : je pense justement que tous les groupes ont eu une influence sur laquelle ils se sont basés pour avancer, et même si en 2012 on écoute de la musique des années 60, ce n’est pas un problème d’évolution… il y a plein de gens qui font évoluer la musique, mais c’est encore normal aujourd’hui d’écouter de la musique des années 60, 70, 80, et ça continuera je pense. Nous on écoute plein de trucs nouveaux, par exemple MGMT, et ça prouve que les groupes ont évolué par rapport à cette musique-là.

Fred : nous on est inspirés par des groupes des années 60, 70, mais aussi des groupes plus récents : Supergrass, Fabien parlait de MGMT… ça ne se voit pas forcément sur l’album parce qu’il a fallu faire un choix. On a fait beaucoup de chansons, et ce qu’on a mis sur l’album fait plutôt référence aux années 60. On a fait des chansons beaucoup plus psychédéliques, beaucoup moins compréhensibles, mais il faut bien avouer que quand on faisait ce genre de chansons on ne trouvait personne pour nous faire faire un disque ! C’était un peu trop barré, les paroles étaient incompréhensibles, on cherchait des arrangements particuliers, mais à l’écoute de l’album ça ne se voit pas pour l’instant. J’imagine que ça se verra plus sur le deuxième album, mais on n’est pas bloqués dans les années 60 non plus, et je pense que pas mal de groupes ont été inspirés par cette période mais ont réussi à l’adapter à 2010, par exemple MGMT.

SC : Le choix de textes en français était volontaire? Vous pensez que ça constitue un risque pour votre expansion internationale ?

Fred : que ce soit risqué c’est un fait, mais la question ne se pose pas comme ça.

Julien : si on peut réussir à faire un truc en France, c’est déjà pas mal. Il y a peu de groupes français qui ont réussi à l’internationale…

SC : on commence à en voir quelques-uns, Phœnix, M83, Shakaponk…

Julien : mais est-ce que Phœnix est véritablement un groupe Français ?

Fred : si, c’en est un, mais qui a choisi de chanter en Anglais. Pour nous, comme on est Français, qu’on parle Français, c’est un peu comme si on n’avait pas le choix. Il faut s’exprimer dans la langue qu’on maîtrise le mieux, celle qui nous procure des émotions. On est français, on aime la musique anglaise, à nous de faire en sorte d’ouvrir la musique Française à autre chose. Et puis je pense qu’avec un peu de travail, il est possible d’intéresser les étrangers à notre musique. On met les mélodies en avant donc ça peut être international ; Gainsbourg a réussi à intéresser des non francophones.

SC : et vous n’avez pas peur d’être assimilés au courant « Baby rocker » représenté par les BB Brune, les Naast, les Second Sex etc ?

Julien : déjà dans le nom « baby rocker »…  est-ce qu’on ressemble vraiment à des adolescents ?

Fred : tout un tas de choses vont être dites sur nous, si on devait avoir peur de tout ce qui peut être dit sur nous, on aurait peur du matin au soir. Sur itunes, on est classés en variété française ! Ce n’est pas la réalité dans nos têtes. Objectivement, j’imagine qu’on peut classer l’album en variété française, mais dans nos têtes, avec notre parcours, on a tordu des mélodies, on a fait un album qui se tient, qui est cohérent… dans la démarche, on est loin de la variété française.

Julien : et les BB brunes, on les aime bien, on n’a pas peur d’être assimilés à un groupe qu’on trouve bon, surtout sur le deuxième album.

Fred : mais on était là avant eux !

SC : si vous deviez présenter l’album, son style ?

Fred : c’est de la pop française, on essaie de la créer un peu. C’est de la pop anglaise en français. Les Zombies, les Kinks, les Beatles, on aime ça. Mais ça n’existe pas vraiment en France. Gainsbourg a fait quelques incartades, mais ce n’était pas un groupe…

Julien : la pop anglaise fait référence à tous les groupes du genre Oasis, Blur etc. pour la pop américaine c’est Rihanna… et la pop française c’est nous.

Fred : c’est de la chanson française, mais il y a quelques ouvertures pop avec nous. Mais on a un côté un peu rock n roll sur scène, c’est aussi ça un groupe de pop anglaise.

SC : vous préparez une tournée en ce moment ?

Julien : elle est en train de se monter, pour la rentrée, notamment début 2013. On fait les Francofolies les 13 et 14 juillet.

SC : vous avez repris la chanson « La réalité » d’Amadou et Mariam sur votre EP, pourquoi ce choix ?

Fred : on voulait se décaler par rapport à notre style. Quand on a eu cette idée, on a essayé sans trop y croire, et on se l’est appropriée assez rapidement. Le texte est parfaitement écrit, sous des apparences simplistes.

SC: Au sujet du clip de « A l’heure d’été » 

Fred : il faut aller voir notre clip sur www.marshmallow.fr, il fait un petit buzz, même Morandini l’a passé ! On s’est déguisés en Hélène et les garçons. Julien fait José, il a des rajouts, il est magnifique. Pierre fait François de « Premiers baisers », Fabien fait « Cricri d’amour », et moi je fais le mec d’Hélène, le mec « gentil ». C’est vachement bien fait.

SC : pourquoi avoir choisi ce thème ?

Fred : on a choisi la chanson la plus clin d’œil aux années 60, « A l’heure d’été », surtout avec le refrain. Et comme on était adolescents dans les années 90, c’était un double clin d’œil.

Julien : on voulait faire quelque chose de différent, d’esthétique.

Fred : c’était la même démarche que pour la reprise de « La réalité », on voulait décaler notre image. A partir du moment où on est dans un groupe de pop ou de rock, on a tendance à prendre notre air le plus ténébreux, et poser pour la photo devant un mur de pierre… il y a un peu de ça chez nous, on veut se la péter un peu c’est normal, mais on aime aussi faire les zouaves.

SC : finalement votre marque de fabrique, c’est un peu ce côté décalé ?

Fabien : c’est prendre nos distances avec l’image de tout un tas de groupes. On est capables de sortir de l’image pop d’un groupe, de faire des choses pour rigoler et intéresser les gens. Faire un clip devant un mur, pour nous c’était pas intéressant.

Fred : et quand les gens viennent nous voir en live, on joue, on ne se déguise pas. L’idée c’était aussi d’intéresser un maximum de personnes, d’attiser la curiosité.

Julien : et de prendre des risques !

Fabien : c’est vrai que quand on parlait de ça à nos potes, ils étaient sceptiques…

SC : oui, mais si derrière la musique est bonne…

Julien : et quand la musique est bonne, comme dirait l’autre…

SC : le mot de la fin ?

Fred : chaussures !

Julien : velcro !

Fabien : mouhahaha !

Pierre : je sais pas !

 

Le concert

Après une belle performance de Hey Hey My My (surtout pour un groupe absent depuis un an), Marshmallow s’installe. Fred porte haut sa Fender Jaguar bleu ciel, l’air concentré. Petit regard en coin avec Fabien, Julien et Pierre, un sourire…

S’ensuit plus d’une heure de show, marquée par un très beau jeu mais aussi une excellente communication avec le public, sans oublier une bonne gestion des imprévus – les esprits de Michèle Torr et Jeannie Longo planant au-dessus de la scène.

Et cette défiance à l’égard d’une image purement 60’s se confirme durant le concert ; le groupe dégage une énergie, une volonté de marquer cette salle de leur présence et d’annoncer qu’on entendra encore parler d’eux digne d’un groupe de rock. Le titre « Au fond du désert » évoque, outre ses sonorités Tarantiniennes, un cri du cœur rappelant des meneurs de la scène Française tels que Matmatah ou Dionysos. Et ce qui fait la richesse de leur performance, c’est ce désir de prouver l’étendue de leur palette artistique ; des textes visuels et rétros, mais bien ficelés tels que sur « Bloody Mary à la paille » ; des refrains accrocheurs, fédérateurs  et parfaitement adaptés à un live (je veux évidemment parler de « A l’heure d’été ») ; mais aussi une fibre psychédélique distillée çà et là, et qui s’est totalement ressentie lorsqu’ils ont joué « Cotylédon », instant magique où le Nouveau Casino s’est trouvé empli d’une multitude de sons se répercutant à l’infini, soutenus par l’écho de la voix de Fred.

Cette authenticité fait mouche ; le public est composé de parents accompagnés de leurs enfants, d’adolescents, de trentenaires, mais tous secouent la tête en écoutant « Imagine » (à l’exception des chauves auprès desquels Fred s’est excusé), tous se rapprochent sur  « Le Réveillon », LE slow de l’album, et tous reprennent avec entrain le refrain de « A l’heure d’été » sur lequel s’achève le concert.

Bref, j’étais au concert de Marshmallow. Et ce ne sera pas le dernier.

Album sorti le 18 juin sur Itunes, sortie physique le 25 juin.

 


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Fanny
Fanny
Roadie frustrée et adepte du code de commerce le jour, pile électrique durant son temps libre, mélomane 24 heures/ 24. Répond au doux nom de Blondie sur le site www.lesminuscules.fr




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4 Comments


  1. Peut être un groupe qui va enfin sortir de l’ordinaire :-)


  2. L'Impertinent

    C’est bizarre, j’avais retenu que Cricri d’amour c’était le mec d’Hélène… J’dois avoir la mémoire qui flanche !


    • Cisou
      Cisou

      mais non le mec d’Hélène c’est Nicolas, guitariste aux cheveux longs, cricri d’amour c’est le batteur à la houpette !


      • L'Impertinent

        Ouais, mais c’est surement parce que j’ai retenu que Cricri d’amour c’était le plus stylé des mecs que je m’étais mis en tête que c’était le mec d’Hélène !



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