Des petits marlous, des dompteurs de rimes, débit presque nonchalant sur une vingtaine de titres. Odezenne. Ah la blague ! Deux mecs, brindilles bordelaises, moustache et barbe, ou crâne rasé de près, yeux un peu trop globuleux. Qu’importe. On dirait des personnages de Zola, Dickens, qui se faufilent dans les ruelles sales et pluvieuses – « La rue est crado comme ses sales histoires, ses flics véreux, ses grecs-mayo et ses trottoirs » in Taxi- . Les voix sont basses, il y a toujours un cuivre qui traîne sur leurs tracks, des rebonds mélodiques, rythmiques. Tiens, ce rebond, sur ce titre, là, Chewing-gum, il est bien illustré. On y raconte l’histoire d’une pauvre fille, un peu crade, un peu vulgaire, qui vit avec un anti-playboy. Tout autour, cet imaginaire sexuel et magnifique, cinéma américain des fifties-sixties. Dean, Bogart, même West Side Story. Deux univers, crasseux, majestueux. Même force, même dureté.
Ils me font rire, clowns tristes, étranges, ironiques. L’album, OVNI, le deuxième du groupe, est sorti le 21 mars 2012. Ecoute Tu pu du cul. Moqueurs, hâbleurs, maquillés à la truelle dans le clip, ils se rendent hommage. Oui, ils crânent. Et alors ? Si tu voyais les commentaires composés qu’on peut faire à partir de leurs textes, tu jouirais en dix secondes -« J’vais t’violenter, te tourmenter en paragraphes/ T’es télégraphe, j’suis épitaphe et épatant »-.Tu vois, ils ont raison de crâner. Allez, va les écouter.






