Après un premier album, le fougueux et naïf What Did You Expect From The Vaccines, salué par la critique, et un petit tour pour la première partie des Red Hot Chili Peppers au Stade de France, le quatuor londonien signe son retour avec un second album accrocheur, Come of Age. Et, si le groupe emmené par Justin Young a gagné en maturité, la recette, comme le plaisir, reste inchangée.
L’album débute sur No Hope, dans une tradition très The Libertines. Et on retrouve avec plaisir le charme crâneur, qui avait fait le succès du premier album. Les pistes de guitare, toujours aussi affûtées, accompagnent la voix du chanteur dans un garage rock sexy, culotté et énergique qui sent autant les Smiths que la pop des sixties. Après le brillant I Always Knew, et son refrain à faire sauter sur place que l’on attend en concert, et la simplicité terriblement efficace de Teenage Icon qui s’inscrit dans la lignée de l’album précédent, débute All In Vain, l’ovni de l’album. Le morceau est tellement vintage qu’il marque à lui seul une rupture avec les autres chansons pour laisser place à une ballade rock’n roll, au romantisme pataud et envoûtant, qui n’aurait pas fait tache dans la BO de Good Morning England. Comme un morceau des Turtles d’il y a 50 ans qui se serait glissé incognito dans l’album. Deux chansons plus tard, on tombe sur Aftershave Ocean. Des mélodies entraînantes, un songwriting plus habile et adulte, l’influence des Kinks et un refrain purement jouissif, pour un morceau qui justifie à lui seul le nom de l’album: plus mur, plus serein et moins auto-destructeur. S’ensuivent Weirdo, à la fois simple et troublant, puis l’excellent Bad Mood, qui revient aux fondamentaux du groupe. Un rock rudement envoyé, des pistes de guitare ciselées et tranchantes qui reviennent au premier plan, un rythme plein d’entrain, une voix plus sombre, dans un registre proche de leur premier album, pour un morceau à voir en live, dans la cave bondée d’un vieux café concert qui sent la fumée. On enchaîne avec Change of heart, léger, empli d’ivresse insolente, très agréable. L’album se finit 2 chansons plus tard sur Lonely World, complainte délicate ou la voix de Justin trouve sa pleine mesure, et qui conclut Come of Age avec tendresse et puissance.
Avec Come of Age, les Vaccines alternent entre une passion rageuse, impertinente et parfois a la limite de l’arrogance, très rock anglais, que nous leur connaissons -No Hope, par exemple- et l’introspectif plus mûr, presque délicat que l’on découvre au hasard de chansons comme Weirdo ou Aftershave Ocean. L’aspect brouillon s’efface par intermittence au profit d’une musique plus soignée. Certes, l’album souffre d’un manque de cohérence, mais qui a dit que le rock devait être cohérent ?







