Useless concept, c’est une rencontre explosive entre une chanteuse talentueuse, Sandrine, et un « vieux couple », comme ils le disent si bien, Daniel et Rudy. C’est aussi un parcours semé d’embûches et une détermination qui leur a permis de sortir ce second album, Mysterious impact, berceau d’influences multiples et loin des codes de la scène métal. Musicalement abouti, l’album a été construit dans le respect de l’auditeur, quel qu’il soit; chacun y trouve son compte, et c’est cette générosité et cette énergie qui m’a donné envie de rencontrer le groupe. Et voilà le résultat:
SC : d’où vient le nom du groupe ?
Rudy : j’aime beaucoup cette anecdote : moi j’ai trouvé useless, je l’ai dit à Daniel qui m’a dit qu’il manquait un mot, et il a fini par trouver concept.
SC : comment vous êtes-vous rencontrés ?
Rudy : Historiquement, on a commencé avec Daniel la musique en 94. Au départ on était instrumental. Quand le chant est arrivé on s’est constitué un répertoire complet, puis on a enregistré un premier album en 2003 avec notre chanteur Bertrand. On a eu beaucoup de problèmes avec les guitaristes, mais on a fini par enregistrer un second album, Mysterious impact avec le chanteur. Mais quand l’album a été fini on a constaté qu’il ne pouvait pas continuer avec nous. Alors avec Daniel, on s’est dit que plutôt que de chercher un autre chanteur qu’on comparerait sans cesse au premier, on allait prendre une chanteuse. On savait que Sandrine existait, on avait vu une vidéo d’elle chantant New York New York, et j’ai demandé à Etienne qui a enregistré notre album de la contacter via Facebook.
Sandrine : ensuite j’ai assisté à une répet’…
Rudy : t’y es allée à reculons !
SC : pouvez-vous me parler de votre album, son style, les thèmes abordés ?
Rudy : les textes ont été écrits par Bertrand, l’ancien chanteur. Le thème général est le conflit interne, la difficulté d’être un, la pluralité de l’individu. Ça c’était l’état d’esprit de Bertrand. En ce qui concerne le groupe, on n’a aucun message à passer, la démarche est purement musicale. Si on avait des choses à dire on les dirait, on ferait un webzine et on donnerait notre opinion. Il y a des gens qui le font ; Il y en a beaucoup qui le font mal, il y en a certain qui le font bien. Plus on tombe dans l’allégorie, plus les textes auront une signification personnelle, plus ils ouvriront des portes dans lesquelles chacun pourra se retrouver. On ne veut pas s’enfermer dans un message, une revendication.
Musicalement, on a pris tellement de temps à composer qu’on aurait du mal à définir ce qui fait qu’on arrive à créer, parce que c’est le résultat de tellement d’influences historiques qu’on aurait du mal à évoquer parce qu’on les a oubliées, et d’autres plus récentes… le style ce sera toujours Useless concept. On ne s’enferme pas du tout. Il se trouve qu’on fait du rock parce qu’on aime ça, c’est plutôt métal, un peu progressif parce que lorsque c’est trop évident on aime bien casser les codes, mais jamais au détriment du public. On a voulu orienter le 2e album vers l’auditeur : morceaux plus courts, schémas plus faciles à comprendre, tout en préservant notre pâte. Dans le 1er album on ne s’était pas tournés vers un auditeur possible, on avait fait ce qu’on voulait faire. Mais en général on ne s’interdit rien, dès lors qu’on souhaite incorporer quelque chose dans un morceau, on le fait.
On est un groupe qui apprend lentement. Daniel et moi on a commencé à jouer ensemble en 94, et on a structuré le groupe en 97, c’est long. Mais on a acquis une maturité qui s’entend dans l’album, ça sonne pro parce qu’on n’a pas grillé les étapes. On a épuré et appris, et on a pris le temps qu’il fallait. On a la même énergie et la même motivation qu’au premier jour.
SC : et pour vos nouveaux morceaux, au niveau de la composition et de l’écriture, quelle est votre méthode de travail ?
Rudy : on travaille tous les quatre dessus, et pour les textes, si Sandrine se sent l’envie d’écrire les textes elle le fera.
Daniel : moi j’ai un texte sur la restauration de Judas mais à chaque fois j’ai été censuré !
Sandrine : moi je suis ouverte pour chanter des textes qui ne sont pas les miens, je n’ai pas le monopole du texte.
Rudy : mais ça va plutôt être la ligne mélodique qui va guider les textes.
Daniel : généralement quelqu’un apporte un plan avec son instrument, et le plan se développe par la suite. Mais on est toujours à l’écoute du chant parce qu’on joue pour le chant. Le but de cet album c’était aussi de mettre le chant en avant.
Sandrine : mais même si le chant est important, musicalement ça tient la route.
SC : pourquoi avoir choisi de composer en anglais ?
Rudy : la composition en anglais coulait de source dans la mesure où on n’avait pas envie de véhiculer un message. Le chant est un instrument important mais il ne véhicule pas de sens. Après la personne qui veut lire les textes doit aussi y trouver son compte donc on ne les néglige pas.
Sandrine : moi je préfère chanter en anglais de toute façon.
SC : il existe beaucoup de groupes de rock/métal avec un lead féminin, qu’est-ce qui vous distingue d’eux ?
Rudy : au départ on ne l’a jamais été, on l’est devenus à l’arrivée de Sandrine. Donc on n’a jamais pensé notre groupe de cette façon. Désormais on s’adapte, on compose les nouveaux morceaux à partir de la ligne de chant.
Daniel : on ne s’inscrit pas dans les mouvances progressives avec du chant féminin, rien qu’au niveau de la composition, la manière de chanter, il n’y a rien avoir avec les autres groupes de chant féminin. On est comparés à Evanescence, ça n’a rien avoir.
Sandrine : l’absence de chant lyrique ! Mais c’est bien d’être comparés, ça fait toujours plaisir !
SC : vous avez eu pas mal de problèmes avec vos guitaristes, est-ce que vous avez l’impression que ça se ressent dans l’album ?
Rudy : j’espère que non ! Ce qui se ressent c’est qu’on avait un guitariste pas très porté sur les solos donc il y en a peu, mais on n’a pas un cahier des charges strict donc on peut s’adapter aux gens avec qui on travaille.
Daniel : Julien, le guitariste qui a composé l’album avec nous était vraiment impliqué dans les compositions, contrairement au guitariste du premier album.
Rudy : en fait les guitaristes sont partis par la force des choses : Julien était prêtre et il est parti au séminaire, on a eu des gardiens de prison, des problèmes d’alcool… c’est notre histoire.
SC : vous avez fait 2 versions de vain prayers, pourquoi ?
Rudy : la version initiale est l’orchestrée qui s’est retrouvée à la fin de l’album. Lorsqu’on a terminé, la personne qui nous a enregistrés a eu envie en faisant le mixage, en baissant tout et en ne gardant que la guitare, de faire une autre version. La personne qui joue la guitare acoustique est justement notre ingé son, le guitariste d’Orpheus pain. Et on a été tellement emballés par le résultat que c’est cette version qu’on voulait mettre en avant.
SC : vous avez l’intention de produire d’autres morceaux acoustiques à l’avenir ?
Daniel : sur le premier album on avait déjà fait un morceau avec guitare sèche et djembé.
Rudy : moi j’adore ça, le problème c’est par rapport au temps qui nous est imparti pour travailler, c’est un peu frustrant de ne faire travailler que la guitare et le chant, là où on a tous envie de composer des nouveaux morceaux.
SC : votre morceau favori sur l’album ?
Daniel : moi c’est Amy !
Rudy : moi je n’en ai pas, c’est les 12. On a mis beaucoup plus de temps que n’importe quel autre groupe pour faire cet album parce qu’on ne voulait pas qu’il y ait des morceaux de liaison.
Sandrine : moi ce serait Until the end. C’est le morceau qui pour moi a une continuité, c’est le dernier qu’on joue en concert, il donne de l’énergie.
SC : votre actualité en termes de concert ?
Sandrine : on peut trouver les infos sur notre site internet : uselessconcept.com sinon il y a notre page myspace, facebook, et une page youtube. Les gens vont aussi pouvoir acheter l’album via itunes. On a fait pas mal de scène depuis le début d’année, environ un concert par mois.
Rudy : ce qu’il y a c’est qu’on n’a pas de promoteur, de structure. On croit à ce qu’on fait donc on a l’énergie pour démarcher mais on est isolés. C’est assez compliqué de trouver des dates. On a été conviés par d’autres groupes qui nous ont proposé de jouer avec eux, à Lille, en Moselle… c’était une super expérience. Et on a participé à Emergenza grâce à Sandrine, et on est arrivés en demi-finale au New morning. Grâce à ça on a récupéré notre prise de son, on a pu poster des vidéos live, pour des professionnels qui veulent nous écouter c’est important.
Plus d’infos sur :
http://www.reverbnation.com/uselessconcept
http://www.myspace.com/uselessconceptband
http://www.facebook.com/uselessconceptband







