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25 juillet 2012

Yidaki Jug Band : « Entre du blues américain, du folk et du blues australien »

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Written by: Pierre
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Sous le nom de Yidaki Jug Band se cache deux hommes qui, à eux tout seul, manient facilement dix instruments chacun pour créer une sorte d’homme orchestre au blues inclassable. Interview.

Sound Cultur’All: Je vous laisse vous présenter pour nos lecteurs, qui êtes vous et d’ou venez vous?

Davy: Moi c’est Davy le bassiste de Yidaki Jug Band . On vient de pas loin puisqu’on est le groupe local, le groupe d’Evreux, la ville qui accueille le festival rock, et je vais laisser Arthur se présenter.

Arthur: Moi c’est Arthur, je suis le compositeur arrangeur du Yidaki Jug Band, c’est à dire que je compose la musique, j’écris les paroles. On est un groupe qui est né il y a à peu prêt un an, je jouais tout seul avant, Davy a bien aimé et notre collaboration a commencé comme ça.

SC: Du coup vous vous êtes rencontré en concert, toi tu jouais et Davy était dans le public?

D: En fait je m’occupe d’organiser les scènes ouvertes à Evreux, j’avais programmé le tout premier concert d’Arthur, et j’ai tout de suite accroché à son univers musical. On l’avait appelé parce qu’un groupe avait annulé deux jours avant pour qu’il nous dépanne, ça a été un formidable concert. J’ai beaucoup aimé sa musique, quelques semaines après je lui ai dis « c’était bien mais il manque un peu de basse ». Après réflexion il a accepté de laisser un peu de place pour la basse et on a passé l’été à bosser ensemble, pendant la pause déjeuner : en septembre on a attaqué les concerts.

SC: Au fait, vous jouez de combien d’instruments?

A: Je joue de la guitare six corde et douze cordes, je fais du didgeridoo, de l’harmonica et des percussions avec les pieds. Si on compte la voix comme un instrument, ça fait cinq.

D: Moi je joue de la basse donc, j’ai une couronne de cymbalettes que j’ai bricolé et que je joue au pied, un chime, un instrument de percussion qui a un très très joli son, cymbales et darbuka.

SC: Et qu’est ce qui vous a amené à apprendre à jouer autant d’instruments?

A: Pour moi tout est parti de la guitare, qui fait que qu’on le montre ou non on chante forcément un peu. Le didgeridoo je connaissais déjà d’avant, j’ai appris à en jouer avec un tuyau en PVC, avant d’en acheter un vrai. Comme je jouais déjà de l’harmonica, un jour j’ai décidé de jouer tout ensemble. ça a été une vraie galère au début pour arriver à tout arranger pour pouvoir tout faire en même temps.

D: Moi c’est un peu différent, parce que ma démarche c’était d’abord de partir des sonorités qu’avait Arthur pour essayer qu’on se marche pas sur les pieds et proposer une autre texture de son. Il était dans des sons très boisés donc j’ai essayé d’aller vers un autre registre, d’où le fait que j’utilise beaucoup de ferraille comme on dit. L’idée c’était d’aller chercher les sons qu’Arthur n’a pas dans son set. On arrive à se rapprocher de l’énergie d’un batteur sans en avoir un, avec par exemple le chime qui se rapproche du charleston et la stomp box de la grosse caisse.

SC: En écoutant votre musique, j’ai senti un gros coté blues, mais comment est ce que vous définiriez votre musique et qu’est ce qui vous a inspiré?

A: Alors, je définirais ça comme un style de musique entre du blues américain, du folk et du blues Australien: c’est deux mouvances du blues un peu différente. Le blues américain est assez élitiste, il tourne sur trois accords tout le temps alors que le blues australien se détache un peu de cet univers là, c’est inspiré de musique celtique parce que beaucoup d’anglais et d’irlandais sont arrivés là bas. Il n’y a pas ces racines Noires de l’esclavage qui ont inspiré le blues américain, plutôt la culture aborigène, d’ou le didgeridoo. ça c’est mes grosses influences. Sinon du folk, Neil Young, Bob Dylan… En Australie, je dirais John Bulter et Xavier Rudd qui sont les deux gros bluesmen Australiens et puis aux US Ben Harper, Johnny Cash…

D: Moi je ne suis qu’un simple bassiste, c’est Arthur qui compose. On s’est retrouvé sur des influences communes comme Ben Harper ou Bob Dylan. Après je sais pas si c’est ça qui m’inspire, en tant que bassiste j’ai plus une inspiration « bassistique », qui fait que je joue sur une basse fretless notamment… C’est des influences assez classiques, Jaco Pastorius, Alain Caron qui sont des bassistes incontournables.

SC: Je lisais une interview d’un rappeur de Toulouse récemment, et il disait que ce qui était un peu triste, c’était que pour percer maintenant il fallait monter à Paris. Vous êtes d’accord? Vous pensez que Paris vampirise les scènes régionales?

D: On est pas trop des pro paris, on a jamais fait de date à Paris. On nous en a proposé une, on est en réflexion, c’est beaucoup de dates pas payées, limite c’est toi qui paye pour y jouer maintenant. On est arrivé au festival Rock sans passer par la case Paris, ça nous a pas empêché de nous faire connaître. C’est pas une ville qu’on a envie de conquérir pour l’instant, on a plus envie d’aller jouer sur Rouen.

A: Par contre on est pas fermé à des propositions sur Paris, tant que c’est des propositions intéressantes. Il y a beaucoup de salles qui demandent des chèques de caution assez impressionnants, nous c’est pas notre délire vu le matos qu’on doit ramener.

D: Tu parlais d’un rappeur Toulousain c’est ça? parce que je me rappelle des fabulous troubadors qui viennent de là bas et qui ont eux aussi joué au Rock, des artistes qui ont su faire leur place sans passer par Paris.

SC: Quels projets pour la suite?

A: On a un EP qu’on a enregistré en studio en janvier qui va sortir. on va essayer de le diffuser le plus largement possible, il y a déjà quelques titres en écoute sur facebook et myspace. Sinon à part, continuer un peu sur notre lancée, passer de scène ouverte au Rock s’est fait très rapidement.

http://youtu.be/dy9hGZctzDE


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Pierre
Pierre
Ex-Chroniqueur




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